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Cet essai s'intitule « Nouvel univers »
Copyright © 23/12/2007 David Strainchamps
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Sur mon bureau, il y a des tas de papiers pour mes cours, des copies , des livres d’exercices de 
mathématiques, il y a surtout la photo de mon père jeune, celui que je n’ai jamais connu. Moi j’ai 
connu l’homme mur, celui qu’il a été jusqu’à sa mort... Il y a un téléphone qui m’a beaucoup servi 
pour appeler ma mère et la saouler de mon angoisse existentielle. En face de moi, il y a une grande 
bibliothèque. Sur ses rayons les livres d’art de ma femme, une encyclopédie, les romans que j’ai lu 
pendant mes études et des livres de mathématiques.
De tout cela, à cet instant précis, je vous le dis, de tout cela il ne reste plus rien. Non je ne suis pas 
suicidaire, je n’ai pas mis fin à mes jours. Mais en somme c’est tout comme. Vous connaissez cette 
phrase : la culture c’est tout ce qui vous reste quand vous n’avez plus rien. Depuis maintenant dix 
ans je fais volontairement ou involontairement je ne saurais dire, je fais le vide. Je n’ai plus ou 
jamais eu de culture. Je ne crois plus en la culture. Je fais l’expérience de l’absence de culture. C’est 
sans doute un manque d’effort, une déprime qui me poursuit sur ce chemin sans culture. Mais je 
vous le dis, je ne sais encore si c’est volontaire ou involontaire.
Je ne lis plus. Je dirais même pire, c’est comme si je n’avais jamais rien lu. Il n’y a encore que la 
musique qui puisse m’attirer dans son sillage, mais là encore le sillage s’évanouit une fois le bateau 
passé et il ne reste rien. Je ne lis plus. Qu’ai je retenu du dernier livre d’Yves Bonnefoy "Planches 
courbes" ? Une musique, un sillage... Mais le sens n’est plus là. Il n’a peut être jamais été là.
Peut-être suis je comme un fruit sec, plus que sec, privé de suc.
J’ai pénétré un désert, mon désert. Il y a trois ans j’avais appelé la famille d’un auteur mort qui avait 
publié un livre à compte d’auteur intitulé "la durée" que j’avais trouvé par hasard chez Emmaüs. Le 
livre m’avait intéressé et j’avais voulu discuté avec son auteur. Son neveu m’avait gentiment 
rappelé alors que j’avais laissé un message sur son répondeur. Après quelques minutes de discussion 
il m’avait dit de but en blanc : "vous vivez la passion du Christ".... Intriguant non. Il m’avait 
conseillé de rencontré le curé de ma paroisse. Ce dernier m’avait parler de Saint Jean de Croix qui 
comme moi parlait d’un lieu sans espace, sans image, sans mot pour le décrire, un lieu où notre 
coeur se retrouvait apaisé. J’avais connu il est vrai dix ans auparavant une décompensation, un 
instant hors du temps et de l’espace. Mais ce curé a été trop loin quand il m’a dit que si je ne me 
faisais pas baptisé j’irais en enfer. Que sachant ce que je savais je ne pouvais pas refuser ce 
sacrement... Alors notre relation s’est distendu. J’ai déménagé et ne l’ai plus revu. Ma femme 
d’ailleurs ne voulait pas que je me baptise me rappelant les massacres de la saint Barthélémy et 
autres atrocités de l’église... Elle ne voulait surtout pas que je devienne bigot. Il faut dire que j’avais 
beau dire à ce curé que personne ne pouvait prétendre enseigner quelqu’un sur la voie du sacré sans 
le fourvoyer et que tous les hommes politiques ou autres qui cherchent tant à convaincre leur 
prochain menaient justement l’humanité à sa perte ne la laissant pas libre... Il n’écoutait pas. Quand 
je lui disais que le sacré n’était pas de l’ordre de la représentation, du sens, de la pensée et des mots 
il répondait : oui bien sûr mais il faut un intermédiaire, un médium... Je n’était pas d’accord.
Je me rappelle encore autre chose. Quand j’ai rencontré ma femme dans une petite ville de 
province. J’étais hébergé par une association qui accueillait les fin de semaine des groupes adeptes 
de sophrologie. Quand nous avons du quitter notre piaule ma future femme et moi pour notre 
premier appartement, ma logeuse m’a donné un texte, une sorte de prière, intitulé "L’amour sera ton 
bouclier" et en exergue il était noté "A David enfant du père sur le chemin du retour, en souvenir de